La Space Star de Mitsubishi : pratique, bien motorisée et surtout pas chère

Avec sa Space Star un tantinet restylée, Mitsubishi continue de miser sur la voiture de base à moins de 10 000 euros.

Une petite voiture sans prétention, pratique en ville, pas trop mal équipée, correctement motorisée et, surtout, pas chère. La dérive contemporaine vers des véhicules toujours plus complexes, encombrants, lourds et onéreux a réduit comme peau de chagrin la liste des modèles qui conviennent à ceux qui aspirent à un moyen de locomotion a minima. Face à cette fuite en avant, la Mitsubishi Space Star se propose modestement de relever le gant de la voiture de base.

La force de cette descendante de la Mitsubishi Colt – qui connut son quart d’heure warholien dans les années 1980 – est d’être un modèle mondial, produit en Thaïlande et diffusé dans quatre-vingt dix pays, surtout asiatiques. De quoi assurer sa rentabilité et lui permettre de pratiquer un tarif canon en France où son prix de transaction moyen se situe juste au-dessus de 11 000 euros, contre 15 000 euros pour une Renault Twingo. Alors que dans la catégorie les défections se multiplient (Ford Ka +, Toyota Aygo, Peugeot 108, Citroën C1…), le Space Star compte se poser comme un recours sur un segment qui, chez nous, pèse encore 160 000 unités par an.

Une certaine prestance

Avec à la clé une garantie de cinq ans, Mitsubishi a retouché son petit modèle en lui octroyant une nouvelle face avant, conforme aux codes esthétiques de la marque pour lui donner une certaine prestance mais le reste n’a que peu évolué. Le profil affiche ses lignes un tantinet mollassonnes et l’intérieur n’a été que légèrement rafraîchi. On s’en contentera. Côté moteurs, on choisira entre deux trois-cylindres (1 litre pour 71 ch ou 1,2 litre pour 82 ch), volontaires et plutôt silencieux sauf lorsque l’on a opté pour la boîte automatique à variation continue. Celle-ci se fait entendre bruyamment si l’on sollicite la pédale d’accélérateur. Mitsubishi, qui prévoit de réaliser la majorité de ses ventes avec les versions équipées du petit moteur de 71 ch, a retravaillé les mécaniques pour contenir les consommations moyennes à 5 ou 5,4 litres aux 100 km selon la version. Suffisant pour échapper au malus écologique.

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La Space Star restylée sera commercialisée à partir de mars à un tarif non encore précisé mais qui débutera légèrement en-dessous du seuil psychologique de 10 000 euros. En prime, et pour justifier une légère augmentation de prix, elle sera dotée en série d’équipements bienvenus (allumage automatique des phares, capteur de pluie, climatisation) et, sur les versions plus huppées, de diverses assistances à la conduite (alerte de franchissement de ligne, freinage d’urgence automatique…). A cheval entre le segment des petites voitures (pour son prix) et celui des urbaines polyvalentes (pour ses 3,79 m de longueur), la Space Star aurait, a priori, presque tout bon.

Hélas, s’impose un brutal retour à la réalité dès que l’on s’extrait de la circulation intra-urbaine. Il apparaît alors que la remise à niveau a oublié le châssis et la tenue de route. Et que c’est un souci. Les mouvements de caisse sont désordonnés, les amortisseurs sont flottants en détente et durs en percussion. La direction, floue elle aussi, évoque furieusement celle d’une auto-tamponneuse et la position de conduite, assez contrariante, apparaît à la limite du praticable pour les grands gabarits. Bref, le moindre trajet extra-urbain n’a rien d’une partie de plaisir. A moins, bien sûr, de s’en tenir à une lecture quasi ascétique du cahier des charges évoqué plus haut. Une vision que les plus convaincus de ceux que l’on désigne comme les « désinvestis de l’automobile » ne sont pas forcément prêts à partager.

Source : www.lemonde.fr